Elle

Ils ont dit

Vendredi 24 octobre 2008
Je me suis battue pour me faire une place à mon travail. J'ai pris sur moi, j'ai enduré les sales réflexions, j'ai appris à me défendre ou j'ai pris mes distances, je suis parvenue à faire le tri parmi toutes les tâches qu'on essayait de m'attribuer. J'ai réussi peu à peu à valoriser mon poste.

Mais il reste encore tant à faire !
Certains n'accepteront jamais que je n'aie pas voulu me plier à toutes leurs exigences. D'autres ont du mal avec certaines choses que je leur fais faire.

Et dans ce milieu où mon profil diffère de celui des autres, je n'ai pas toutes les armes pour me défendre. Avec tout ce qu'il s'est passé, je suis devenue très susceptible. Certaines choses ne passent plus.

Je me demande donc si cela en vaut la peine. Par fierté, je n'ai pas voulu céder, partir, démissionner (dans les deux sens du terme). Mais l'air de rien, j'ai morflé. Et pourquoi ? Pour un milieu où mon profil plutôt littéraire ne sera jamais reconnu ? Pour un secteur assez fermé et pas forcément en accord avec mes convictions ?

Elle est où ma place, en fait ?
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Jeudi 9 octobre 2008

L’autre soir, ça m’est arrivé à nouveau.

 

D’un coup.

 

Je n’y ai absolument pas pensé quand je suis descendue dans ce sous-sol, entourée de tout ce monde. Quand je me suis dirigée dans cette salle sans fenêtre, après avoir traversé un couloir et une autre pièce. Quand je me suis assise au milieu des autres.

 

Les sièges étaient serrés. Très enfoncés dans le sol. Il ne se passait rien. On attendait que tout le monde s’installe.

 

Et l’angoisse est arrivée.

 

Cette sensation d’étouffer.


Je regardais autour de moi, me retournais encore et encore, me disant qu’il y avait encore un paquet de monde qui devait s’installer, qu’on allait être très nombreux dans cette petite salle au sous-sol, loin de l’air, de l’espace.

Je commençais à paniquer. A avoir envie de fuir. Un seul siège seulement me séparait de l’allée, de la liberté, de l’échappatoire. J’ai failli demander à la personne qui l’occupait d’échanger sa place avec la mienne car je ne me sentais pas bien. J’étais prête à prétexter des nausées, n’importe quoi, pourvu que je sois près de l’allée. De la sortie. De l’espace.

 

Puis les gens ont cessé d’arriver. La salle ne s’est finalement remplie que d’une petite moitié. L’animation a commencé, et a capté toute mon attention. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis sentie super à l’aise d’un coup, mais je n’avais plus cette angoisse qui me serrait.

 

Ça faisait longtemps.

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Dimanche 5 octobre 2008

Je voudrais savoir s’il vous arrive parfois la même chose.

 

Vous connaissez quelqu’un qui, physiquement, n’est ni beau, ni laid. Mais vous ne pouvez pas vous empêcher d’être dégoûté(e) par cette personne. La personne en question n’a pas de signe physique objectivement répugnant, style acné purulente ou hygiène douteuse. Mais quand elle s’approche, vous sentez tout votre corps sur la défensive.

 

Je me demande si cela n’est pas un signe de notre instinct. Qui nous prévient qu’il faut éviter cette personne à tout prix car la reproduction n’est pas possible avec elle. Oui oui, je pense que la part animale en nous est plus présente qu’on ne le croit !

 

Je connais deux personnes en ce moment avec qui « mon instinct a du mal ».

 

Le premier, ce fut dès la première fois que je l’ai vu. Je me suis presque tout de suite demandé s’il « n’était pas passé loin », niveau chromosomes. Allez rassurez-moi, vous n’avez pas ce genre de mauvaises pensées parfois, même contre votre gré ?

Le pire c’est que cette personne ne respecte pas les distances sociales. Vous savez, les distances que deux personnes mettent naturellement entre elles selon leur degré de connaissance. Ben lui, il s’en fout complètement. Il adopte presque la distance du partenaire amoureux ! Ce qui rajoute au dégoût.

 

Le second, c’est venu petit à petit. Mais assez rapidement quand même. Je me suis vite dit qu’il correspondait tout à fait à ce que je détestais. Et pourtant, pas de signe physique particulier. Enfin si, juste un en fait, il a du bide alors qu’il a à peine 30 ans, c’est pas terrible. Mais s’il n’y avait que ça, ça ne serait rien ! C’est sa façon de parler, son regard lubrique. Enfin je ne sais pas trop. Mais le dégoût est là.

 

Et comme je suis quelqu’un de civilisé, j’essaye d’aller contre, et de me comporter normalement avec eux. Et il faut gérer le dégoût alors que je n’ai rien à leur reprocher objectivement !

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Lundi 29 septembre 2008
Il y a ces alignements de mots qui signifient qu'on aimerait connaître un peu plus une personne, et la connaître...différemment. Il suffit de juxtaposer quelques mots tout simples. Et ça paraît si compliqué !

La peur de tomber comme un cheveu sur la soupe. La peur de tomber complètement à côté. La peur que tout ne soit qu'un vaste malentendu.

La peur d'être remise à ma place de personne fade et inintéressante. La peur de perdre ce peu de confiance en moi que j'ai réussi à reprendre. La peur que tout s'écroule suite à un rejet.

La seule occasion où je pourrais, à la limite, me lancer, c'est si j'avais une très bonne nouvelle d'un côté. N'importe quoi qui booste la confiance en soi.
Il y aurait équilibre.

Mais pour l'instant, je ne trouve pas le courage des les aligner, ces quelques mots tout simples...
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Jeudi 11 septembre 2008

A la recherche d'une robe pour une occasion, je parcours les magasins et entre dans l'un d'entre eux. Je fais le tour en prenant mon temps et entre dans une cabine avec ma sélection. J'enfile la première robe, prise un peu par hasard, au dernier moment. Je sors de la cabine histoire de voir ce que ça donne et me pose devant le miroir.

Et là, petit bonheur : les clientes d'à côté qui s'exclament que la robe me va vraiment très bien et me font tout un tas de compliments. Comme ça, gratuitement.


Je fais ma modeste et retourne dans la cabine essayer les autres robes. Puis réessayer la première.... Que j'ai fini par acheter !

Et vous savez quoi ? Elle était à - 60 %...

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Vendredi 15 août 2008
Quand j'entends cette phrase, je me crispe...

...alors que mon cerveau m'envoit des signaux d'alerte : attention, un enfant va se précipiter sur toi pour te coller sa bave en pleine figure ! Enfin, quand je dis bave... Il y a aussi morve, restes de nourriture... ou tout en même temps !

Les parents
veulent éduquer leur enfant à dire bonjour et au-revoir. C'est bien.
Mais quand leur progéniture en est encore au stade "morveux"... Comment dire... Se serrer la main, c'est pas mieux ?

Non ?

Ah mais j'oubliais. Les parents.
Ceux à qui il faut obéir. Ils ordonnent à leur enfant d'aller me dire au-revoir, et l'air de rien, m'ordonnent également de me laisser faire.
Et ceux pour qui un bisou de leur enfant représente un cadeau suprême.
 
Comment leur expliquer ?

Sauf cas particuliers, je n'explique pas. Je me prépare à l'attaque... Et j'ai trouvé plusieurs esquives :
- dire au-revoir avec la main, les enfants adorent en plus (comme quoi j'ai quand même de vagues notions sur leur fonctionnement).
- si le bisou est obligatoire, prendre les devants et leur coller un bisou sur le front (zone en général sans risques) sans les laisser s'approcher davantage.

Comme les enfants n'aiment en général pas trop devoir dire au-revoir/bonjour à des adultes qu'ils ne connaissent pas ou peu, ils n'insistent pas. Eh oui, je leur fais même plaisir en leur permettant d'échapper à la corvée  ! Alors qui a dit que je n'aimais pas les enfants ?
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Vendredi 8 août 2008
... au boulot !!

[problèmes de Freebox et de PC, d'où absence, mais c'est résolu maintenant :)]

Oui, à cette période où, pour beaucoup de monde, tout tourne au ralenti, pour ma part, je suis bien occupée, et en plus par des choses qui me plaisent. Ça fait du bien. Je vais tout faire pour que ça dure. Pourvu que ça dure.

Mais côté coeur, enfin je dirais plutôt "relations sociales" : bof.

La rencontre dont je parlais la dernière fois n'a pas donné de nouvelles encourageantes. Petite déception. Mais je ne laisse pas encore complètement tomber.

Et la grosse déception, c'est le Pote d'Avant.

C'est pour lui que j'ai précisé "relations sociales", car je n'espérais pas forcément une histoire d'amour avec lui, mais j'y ai pensé bien sûr, vu que j'ai tendance à démarrer au quart de tour.
J'espérais surtout, déjà, une nouvelle amitié avec ce personnage de mon passé.


Il m'avait écrit plein de choses gentilles, me disant que j'avais beaucoup compté pour lui, qu'il avait plein de souvenirs avec moi, ce genre de choses. Mais il faut croire qu'il a choisi de reprendre contact alors qu'il était en période de "disette sentimentale".

Ses réponses se faisaient de plus en plus espacées, pour devenir inexistantes. J'ai eu l'explication en consultant son profil Potes d'Avant, alors que je venais de recevoir l'e-mail récapitulant tous les profils mis à jour.

Pote d'Avant est amoureux.

Plusieurs hypothèses :
- soit Pote d'Avant estime (comme un certain nombre de mecs et d'ailleurs je trouve ça ridicule) que comme il a une copine il ne "peut" plus entretenir de relations amicales avec d'autres filles (on sait jamais il pourrait se faire violer) ;
- soit Pote d'Avant a jugé que je pouvais être une candidate potentielle pour l'aider à briser son célibat, et rien d'autre.

Bref, il semblerait que j'aie moins compté pour lui que lui n'a compté pour moi. Avant même de le voir, j'ai été déçue.

Le passé n'en est pas "entâché" pour autant. Je nous revois, assis dans le jardin en pente de ses parents. Je le revois, souriant. Et après je rentrais chez mon père, comme une petite fille presque normale.

Mais finalement, le passé, il vaut peut-être mieux le laisser là où il est.

... (ou pas.)
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Mercredi 23 juillet 2008
Suite à une rencontre, je me pose plein de questions.

Genre : "Est-ce que je lui ai plu ?????"

Principalement.

Et puis aussi : "
N'ai-je pas été un peu trop froide malgré moi ????" ; "N'ai-je pas dit trop de conneries ?" ; "Il se fait désirer ou il s'en fout ?"

Et surtout :
"Voudrait-il qu'on se revoie ?"






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Mercredi 16 juillet 2008
Je profite de mes 30 secondes de connexion à Internet pour pousser un cri :

J'EN AI RAS LE C** DE CETTE FREEBOX DE M**DE !!!!!!!!!!!!!!

Pour 29,99 euros par mois, j'ai droit à 30 secondes de :
- connexion Internet
- communication téléphonique
- visionnage TV

Après, pouf, terminé :
- la page ne s'affiche plus
- je raccroche à la gueule de mon/ma correspondant(e)
- je ne saurai jamais qui est l'assassin vu que l'image s'est figée pile poil au bon moment

Puis, pouf, ça se reconnecte, alors vite vite vite, tout faire avant que... Et non, trop tard...

J'appellerais bien la Hotline, mais je suis dégroupée, c'est balot.

Et puis de toutes façons, la Hotline Free, franchement... :
- la plateforme est délocalisée à Perpète-les-Oies-Super-Loin-Parce-Que-Ça-Coûte-Moins-Cher donc c'est super : on comprend rien, à cause des problèmes de communication longue distance et/ou de l'accent parfois assez marqué des techniciens (Indiens ?)
- vont me faire faire plein de manips avant de me dire que c'est mon PC qui a un problème. La dernière fois que je les ai appelés, si je les avais écoutés, j'aurais changé de PC alors qu'il m'a suffi d'appliquer un correctif pour que tout rentre dans l'ordre.
- et s'ils font venir un technicien, qui c'est qui va payer alors que c'est leur Freebox de m**de qui déconne ???
- j'ai envoyé un e-mail et j'attends une réponse... Viendra ? Viendra pas ? En tous cas pour l'instant, malgré leur joli phrase toute faite (un conseiller va vous répondre le plus rapidement possible), nada.

Bref j'écris cet article hors-ligne bien sûr, si vous me lisez c'est que j'aurai réussi à profiter d'un bref espace-temps me reliant au monde pour le publier...

Quelqu'un connaît un FAI fiable ?
Par Elle - Publié dans : Moi
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Lundi 30 juin 2008
Je me demande souvent quelle aurait été ma vie s'ils n'étaient pas partis aussi tôt.

Aurais-je fait les mêmes choix ? Les mêmes études, le même métier, les mêmes amis, le même mode de vie ? Aurais-je le même caractère ?

Qu'est-ce-qui est inné, qu'est-ce qui est acquis ? Dans quelle mesure suis-je influencée dans mes choix par les personnes qui m'entourent ?

J'aimerais beaucoup savoir si je suis très éloignée du chemin qui aurait été le mien si j'avais eu une enfance "normale".

Je me rends compte que ce qui a un rapport même indirect avec mes parents revêt un caractère sacré. Comme si les chemins se rejoignaient, et que je reprenais ma place.

J'ai connu AC alors que j'habitais dans un appartement ayant appartenu à ma mère. Il logeait dans le même immeuble. Je me disais souvent que, dans mon autre vie, j'aurais très bien pu le connaître également et qu'il n'était peut-être pas là par hasard.

Vous connaissez la suite, il y a eu comme qui dirait erreur sur la personne.
Et si j'avais été aveuglée par la circonstance de notre rencontre ? Cette quête de mon autre vie ne m'influencerait-elle pas de manière néfaste finalement, en me faisant faire les mauvais choix ?

Ces derniers temps, un ami d'enfance a repris contact avec moi via "Potes d'Avant". Il appartient à l'une de mes autres vies, celle où mon père était encore là. Nous nous sommes juste échangés quelques messages. Ni l'un ni l'autre n'a proposé de se revoir pour l'instant.

Mais admettons. Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer.

Le revoir et replonger dans mon passé. Réveiller les souvenirs. Revoir quelqu'un qui ne m'a pas connue orpheline de père et de mère.

Faire que les chemins se rejoignent.

Son retour me réjouit et me fait peur à la fois. Les souvenirs sont forcément idéalisés. Alors qu'en sera-t-il de sa réapparition dans mon présent ? S'il me déçoit, si par exemple le courant ne passe plus et qu'on se rend compte qu'on n'a plus rien à se dire, voire si nous avons une relation suivie et qu'il me déçoit par la suite, quelle sera la répercussion sur mes souvenirs avec lui et plus généralement les souvenirs "sacrés" de mon enfance avec mon père ?

Les chemins peuvent-ils et doivent-ils se rejoindre ?
Par Elle - Publié dans : Eux
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